CULTURE DE L'OLIVIER

 

CLIMAT

L'olivier se plaît essentiellement dans la zone de climat méditerranéen, caractérisée par des hivers doux, des automnes ou des printemps pluvieux, des étés secs et chauds et une grande luminosité.
On le rencontre surtout entre le 25 eme et le 45 eme degré de latitude Nord et en France dans les seuls départements méridionaux.

Son extension est limitée par le froid, car il résiste mal à des températures inférieures à 12°, 15° au-dessous de zéro. On comprend ainsi que sa culture soit bornée par la latitude et aussi par l'altitude.

Il supporte par contre des sécheresses exceptionnelles et ne souffre pas d'une façon exagérée des vents violents.

Il préfère toutefois les situations abritées et l'exposition au Midi.

 

SOLS

L'olivier, arbre rustique par excellence, est indifférent à la nature du sol, mais il craint l'humidité.

Il est le plus souvent cultivé dans des terrains pauvres et secs, mais son exploitation dans des terrains riches (Californie) ou à l'arrosage (Espagne et Oranie) donne des résultats remarquables.
En France, les variétés à fruits de table se rencontrent plus spécialement sur les types de sols ci-après :

LES SOLS D'EBOULIS CAICAIRES (rendzine), le plus souvent en pente et que l on maintient par des murs de pierres sèches.

Les oliveraies de Belgentier, par exemple, sont établies sur terrains rendziniformes en terrasses.

LES SOLS ALLUUVIAUX, qui s'accumulent au bas des pentes et dans les vallonnements des régions à calcaires durs. Sur ces sols, les oliviers n'occupent jamais les parties basses.

LES SOLS ROUGES, sur terrasses fluviatiles à cailloux roulés. De nombreuses oliveraies de la région du Bas Rhône sont établies sur ce type de sol.

LES SOLS SQUELETTIQUES notamment sur molasse sableuse, région de Nyons, par exemple.

Il faut souligner l'intérêt que présente l'olivier pour maintenir le sol en place dans les régions à forte pente

De tous temps, les oléiculteurs ont créé des oliveraies en terrasses avec murs de soutènement en pierres sèche.

Actuellement, la création et l'entretien de tels murs sont trop coûteux. Aussi, de plus en plus, pour la création de nouvelles oliveraies, préconise-t-on le procédé des levées de terre distantes de 8 à 10 mètres et établies suivant les lignes de niveau.

Cette méthode a l'avantage de retenir les eaux de pluie et d'éviter l'entraînement du sol sous l'action du ruissellement.

 

MULTIPLICATION

L'olivier se multiplie avec une grande facilité.

SEMIS : L'obtention de plants d'olivier par semis présente l'avantage de donner des arbres vigoureux. IL a par contre l'inconvénient d'être un procédé de multiplication lent, les plants devant être greffés avant la mise en place.

Il faut choisir de préférence, pour la constitution des pépinières, des noyaux d'une bonne grosseur, provenant d'olives ayant atteint la sur maturité.

Les noyaux sont ensuite débarrassés de la pulpe, puis mis en stratification ou casses sans que1'amande soit endommagée.

En août, on effectue un semis très épais, à faible profondeur, en sol meuble ; le semis doit être régulièrement bassiné. La levée irrégulière est compensée par la densité du semis.

Dès la deuxième année, on commence à prélever les plants bien venus pour les repiquer. Lorsqu'ils ont atteint la grosseur du petit doigt, ils sont greffés en fente avec la variété choisie.

Ils sont prêts à être mis en place lorsque le jeune sujet a atteint 0,5m de hauteur.

BOUTURAGE : La multiplication par bouture donne des résultats rapides et excellents, à condition de choisir des boutures d'une dimension suffisante. Elle a, d'autre part, l'avantage de reproduire, d'une façon certaine la variété, sans greffage.

Il faut utiliser des rameaux de fort diamètre (10 cm), que l'on sectionne en tronçons de 40 à 50 cm. de long. Chaque tronçon constitue une bouture que l'on met en place directement dans un trou de plantation important.

La bouture est enterrée presque entièrement, son extrémité supérieure restant à 10 cm. Au-dessous du niveau du sol, de façon à se trouver au fond d'une cuvette formée par le trou de plantation qui n'est pas tout à fait comblé.

On peut utiliser aussi les boutures à crossettes choisies sur des branches de 4 à 5 cm. de diamètre, les crossettes ayant une longueur de 25 à 30 cm.

Les boutures à crossette sont cultivées en pépinières et peuvent êtres mis en place dès la troisième année.

ECLATS DE SOUCHE (souchets ou souquets) : Ce sont des protubérances prélevées sur des souches d'olivier que l'on utilise pour la mise en place directe ou pour la constitution de pépinières.

Ces morceaux de souches ou souchets peuvent êtres choisis avec ou sans drageons.

Ils émettent rapidement des racines, à condition d'avoir une grosseur suffisante, deux kilos en moyenne, pour faciliter la nutrition des jeunes pousses pendant les premières années.

Ce procédé est surtout intéressant pour les plantations en terrains et sous un climat très secs.

La multiplication par souchets ne permet pas toujours d'obtenir la variété désirée. IL faut souvent avoir recours au greffage.

GREFFAGE.-La multiplication d'une variété d'olive de tables déterminée se fait par greffage, sauf cas particuliers (boutures, souchets de la même variété).

Suivant les sujets à greffer, on utilise les techniques ci-après :

Pour les plants de semis et les pousses provenant de souchets d'une variété différente, on peut employer la greffe en fente ou la greffe en écusson.

Pour les arbres âgés, qu'il s'agisse de greffage d'oléastre (olivier sauvage) ou d'oliveraies dont on veut modifier la production, il convient d'adopter la greffe en placage ou la greffe en couronne sous écorce.

Ces opérations, que l'on pratique de préférence au printemps, s'effectuent sur les grosses branches de charpente. Le greffage en placage qui est recommandé en France, exige une ligature très serrée, et l'incision annulaire de la branche charpentière au-dessus de la greffe.

 

 METHODES CULTURALES

D'une façon générale, depuis la fin du XIXe siècle, les superficies cultivées en oliviers sont en augmentation sous les climats du type méditerranéen chaud, convenant plus particulièrement à l'olivier. Elles sont en régression dans les zones se trouvant à la limite climatologique de sa culture. Le nombre d'oliviers à fruits de table est en progression constante.

PLANTATION :

Les vergers d'oliviers à fruits de table du bassin méditerranéen proviennent, pour la presque totalité, Oranais excepté, de plantations très anciennes dont un certain nombre ont été reconstituées par rejets de souches et sur-greffage.

La longévité de l'olivier, en effet, est extraordinaire. C'est un arbre qui ne meurt pas, sauf accident.
Il se crée cependant chaque année de nouvelles plantations.

Dans ce but, on utilise des plants que l'on met en place à des distances variant, suivant les régions et lès variétés, de 8 à 15 mètres.

Le terrain est rarement défoncé. Le plus souvent la plantation se fait au trou. Dans les terrains rocheux, il est recommandé de faire appel aux explosifs.

En raison du caractère particulier du climat méditerranéen, la plantation doit se faire de préférence très tôt en automne.

Les plaies de taille, lorsque le sujet en comporte, doivent être soigneusement mastiquées.

Au cours de la première année il convient de donner en été, dans la mesure du possible, un ou deux arrosages au pied.

REGENERATION :

Il peut être nécessaire de rajeunir un verger d oliviers lorsque les parties aériennes des arbres, mal soignées ou accidentées, sont devenues incapables de produire une récolte normale.

Il suffit de supprimer toutes les branches, sauf les grosses charpentières dont on ne conserve qu'un moignon.

En greffant ensuite ces moignons, on peut reconstituer ainsi un verger avec une variété unique d'olive de table qui sera homogène et capable de fructifier bientôt dans d'excellentes conditions. ,

Dans le cas où le tronc est en trop mauvais état, il faut le couper à la base et repartir sur trois rejets de remplacement.

 

 SOINS CULTURAUX

L olivier est très sensible aux soins culturaux. Un labour d'automne aussitôt après la cueillette est indispensable. Il sera fructueusement suivi d'un labour de printemps et de plusieurs scarifiages et binages dans le courant de l'été.

Dans les oliveraies qui ne sont pas en terrasses, la meilleure technique consiste à faire passer entre les arbres à l'automne, au printemps et plusieurs fois au cours de la belle saison, un pulvériseur à disques qui est l'instrument idéal pour la culture des oliveraies.

Il importe, d'autre part, de tenir le pied des arbres propre et de supprimer toutes les pousses secondaires du pied.

L'irrigation améliore la rentabilité des oliveraies. Elle augmente le calibre des fruits et prolonge la` période de cueillette.

  • FUMURE :

    Les vergers d'oliviers sont trop rarement fumés. La fumure cependant paie largement. Elle doit être à base de matières organiques : fumier ou tourteaux.

    Chaque fois que la chose est possible, une culture d'engrais verts (vesce, lupin, mélilot, etc.), fauchée à maturité et enfouie, complètera heureusement l'apport de matières organiques.

    La formule de fumure minérale de base à préconiser pour des oliviers donnant une production moyenne de 15 à 20 kilos est la suivante, par pied et par an :

    Sulfate d'ammoniaque : 2 Kilos

    Superphosphate : 2 Kilos

    Chlorure de potasse : 1 Kilo

    La fumure organique doit être appliquée tous les deux ans sur les bases suivantes : Fumier 50 kilos ou tourteaux : 10 kilos. La quantité de sulfate d'ammoniaque est alors réduite à 1 kilo.

    Ces formules ont été établies à là suite de nombreux essais culturaux effectués par l'un de nous dans le Midi de la France, en sol médiocre.
    Elles doivent être modifiées suivant la richesse du sol en éléments fertilisants l'importance de la récolte et sensiblement augmentées pour les oliveraies irriguées.

  • TAILLE :

    La taille de formation pour les jeunes sujets doit tendre à donner à l'arDre la forme d'un gobelet demi-tige, à 4 ou 5 branches charpentières se fermant en boule au sommet dans les régions soumises à une forte insolation.

    La taille de fructification peut être schématisé par les opérations suivantes :

      a) Élagage, ayant pour but d'assurer l'équilibre de l'arbre ;

      b) Suppression des gourmands.

      c) Raccourcissement des rameaux ayant fructifié, pour provoquer sur ces rameaux la formation de pousses nouvelles qui porteront la récolte de l'année suivante.

      Il faut éviter le plus possible les grosses plaies de taille.

 

RECOLTE

Les olive vertes sont cueillies avant maturité. La cueillette se fait à la main, avec précaution. Les olives sont mises dans des corbeilles en osier ou dans des caisses et livrées soit aux confiseurs, soit aux coopératives spécialisées.

Les producteurs ne font pas de triage mécanique, mais procèdent souvent à la récolte en plusieurs fois, de façon à livrer des olives assez homogènes comme grosseur.

Les olives noires sont cueillies à maturité. Les producteurs effectuent un triage sommaire et ne vendent à la confiserie que les gros fruits, les autres étant utilisés pour- la fabrication de l'huile.